Grève, Noël en Ukraine et achète toi une vie... Retour à la Une de fin décembre 2022

Grève, Noël en Ukraine et achète toi une vie... Retour à la Une de fin décembre 2022

Salut à vous, cher·ères abonné·es de Rembobine ! À quelques jours de Noël, vous êtes sûrement nombreux·euses à vous creuser la tête pour trouver vos derniers cadeaux. Peut-être tentez-vous aussi de rassembler vos dernières forces pour boucler les dossiers de fin d'année et répondre aux derniers mails avant le top départ des vacances et le grand saut vers 2024.

Cette semaine, on vous embarque à la découverte de ce qui faisait l'actu il y a tout pile un an. Sans surprise, de la presse locale aux quotidiens nationaux, difficile d'échapper à Noël, qu'on vous propose de décliner sous toutes ses formes, de l'Ukraine où la fête a été célébré dans un pays en guerre, à la grève des cheminots qui a semé la pagaille.

Un retour sur l'actu qui marque aussi le début des vacances pour notre équipe. Prochain rendez-vous le 9 janvier, avec le décryptage d'une enquête passionnante dont on garde pour le moment le sujet secret. D'ici là, prenez soin de vous, brillez en famille en parlant de Rembobine, et à l'année prochaine !

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🍿 De quoi parlait-on fin décembre 2022 ?

Quelle était l'actualité il y a un an ? Était-ce un feu de paille ou au contraire un battement d'aile qui a déclenché une tornade ?

🤯 Vu et revu : les cheminots en grève

Encore et toujours, l'info qu'on rabâche

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Si vous deviez prendre le train à Noël dernier, vous vous en souvenez forcément. D'une ampleur inédite, la grève SNCF de décembre dernier a retenu jusqu'à 200 000 voyageurs à quai pendant les fêtes, au grand dam des voyageurs et des membres du gouvernement.

De la presse locale aux quotidiens nationaux, la grève des contrôleurs SNCF des 23, 24 et 25 décembre derniers a fait parler d'elle. Et pour cause : sur les 800 000 voyageurs initialement prévus pour le week-end de Noël, 200 000 n'ont pas pu embarquer, faute de personnel.

Tandis que les grévistes dénonçaient des salaires trop bas et des conditions de travail dégradées, leur mobilisation n'avait pas manqué de faire réagir les membres du gouvernement, à l'image de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. Sur Sud Radio, ce dernier n'avait pas caché sa « colère » face au mouvement social. Des propos corroborés par Christophe Béchu, ministre de la Cohésion des territoires, qui était allé jusqu'à affirmer que « décider de faire grève un 24 et 25 décembre, cela abîme le droit de grève. »

Et après ⏩

Face à ce mouvement d'ampleur, des négociations avaient abouti dès le 23 décembre, permettant aux trains de circuler normalement pour le Nouvel an. Côté grévistes, des embauches de contrôleurs supplémentaires avaient été annoncées, ainsi qu'une prime annuelle de 720 euros brut. Côté passagers, la SNCF avait annoncé un remboursement et une compensation de « 200 % » pour les voyageurs dont les trains avaient été annulés entre le 23 et le 26 décembre.

Cette année, la situation s'annonce bien différente. La circulation ne devrait pas être perturbée puisque les syndicats de la SNCF ont décidé à l'unisson de ne pas faire grève pour les fêtes de fin d'année. Une décision dont s'est réjouit Jean-Pierre Farandou, président du groupe SNCF pour Franceinfo il y a quelques jours. De là à dire que tout va bien dans le meilleur des mondes à la SNCF ? Que nenni. D'importants sujets devraient être discutés dès la rentrée 2024, parmi lesquels les salaires des agents, ainsi que la question des compensations financières accordées pendant les Jeux olympiques.

🌟 Le choix de la rédaction : le dramatique attentat trouble-fête

Le sujet dont on aimerait avoir des nouvelles

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Le vendredi 23 décembre, un homme a ouvert le feu contre la communauté kurde, à Paris, faisant trois morts et trois blessés. Le suspect, William M., a revendiqué un acte raciste motivé par une « haine des étrangers devenue complètement pathologique ».

Au milieu de la frénésie des fêtes, on s'en souvient peut-être moins et pourtant, l'information est capitale. L'année dernière, à la veille du réveillon, trois personnes d'origine kurde ont été tuées par balle et trois autres ont été blessées dans le 10è arrondissement de Paris, à proximité du centre culturel kurde Ahmet-Kaya. Un arrondissement tristement connu de la communauté kurde puisque c'est aussi là qu'en janvier 2013, trois militantes kurdes ont été abattues.

Cette fois, la tuerie a été perpétrée par William Malet, 70 ans. Conducteur de train retraité, ce dernier était connu de la justice. Il avait notamment été mis en examen en décembre 2021 pour avoir attaqué un campement de migrants dans le 12è arrondissement de Paris. Rapidement interpellé, le septuagénaire avait immédiatement revendiqué le caractère « raciste » de son geste.

Et après ⏩

Suite aux événements du 23 décembre, le retraité a été mis en examen pour assassinats et tentatives d'assassinats à caractère raciste. En mai dernier, il a par ailleurs été condamné à trois ans de prison par la cour d'appel de Paris, comme le rapporte Le Parisien, mais cette fois sur une toute autre affaire : celle de l'agression au couteau de trois cambrioleurs à son domicile en 2016.

Depuis près d'un an, la communauté kurde n'a de cesse de réclamer la requalification de l'acte en attentat « terroriste». « Il est inadmissible que le caractère terroriste ne soit pas retenu » a avancé Agit Polat, porte-parole du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a de très nombreuses reprises. Alors que la date anniversaire de la tuerie se dessine, le CDK-F appelle à deux manifestations pour « dénoncer l'impunité qui persiste » : la première le 23 décembre, de gare du Nord au 16 rue d'Enghien, lieu de l'attentat, et la seconde le 6 janvier.

🦶 Le pas de côté : festoyer pendant la guerre

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Avec l'invasion de la Russie en Ukraine, le quotidien des Ukrainiens a été bouleversé jusque dans le choix de la date de Noël. Une fête historiquement célébrée le 7 janvier, que de nombreux Ukrainiens orthodoxes fêtent désormais le 25 décembre en signe de protestation contre la Russie.

Historiquement, en Ukraine, la plupart des chrétiens orthodoxes suivent le calendrier julien, célébrant Noël à la date du 7 janvier. Une date différente de celle des chrétiens catholiques, qui suivent de leur côté le calendrier grégorien et célèbrent ainsi la fête de la Nativité le 25 décembre. Mais dans le pays, depuis l'invasion russe, la donne a changé.

En décembre dernier, certains chrétiens orthodoxes ont choisi de célébrer Noël le 25 décembre à la place du 7 janvier. Une façon de marquer leur opposition à Moscou, qui célèbre la fête le 7. L'année dernière, dès le 23 décembre, un sapin artificiel de 12 mètres de haut avait ainsi été installé à Kiev et symboliquement décoré avec des colombes de la Paix, tandis que des messes avaient été organisées le 25.

Et après ⏩

Si la guerre en Ukraine semble moins présente dans l'univers médiatique, elle continue pourtant bel et bien. Et alors que la date du 25 décembre approche à grands pas, Volodymyr Zelensky a promulgué en juillet dernier une loi clé, stipulant que, désormais, Noël serait fêté le 25 décembre dans le pays.

« Le peuple ukrainien a longtemps été soumis à l'idéologie russe dans presque tous les domaines de la vie, y compris le calendrier julien et la célébration de Noël le 7 janvier, indique la notice explicative du texte voté par les députés mi-juillet, comme le rapporte Le Figaro avec l'AFP. La lutte continue et fructueuse pour son identité contribue à la prise de conscience et au désir de chaque Ukrainien de vivre sa propre vie, avec ses propres traditions, ses propres fêtes ». Un changement d'ampleur, tandis qu'un arbre de Noël a d'ores et déjà été illuminé sur la place Sainte-Sophie.

Le moulin à paroles 🤌

Une déclaration qui a pris beaucoup de place dans l'espace médiatique

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Le 27 décembre 2023, Andrew Tate, célèbre influenceur masculiniste a tweeté à Greta Thunberg, vantant sa collection de voitures de luxe et invitant la militante climatique à partager son adresse e-mail pour recevoir une liste détaillée de ses bolides et de leurs émissions respectives. La réponse de la militante écologiste a été cinglante.

Vous ne connaissez peut-être pas Andrew Tate. Grand bien vous fasse. Ancien kickboxeur britannico-américain, il est devenu une sorte de gourou aux conseils toxiques pour les ados. Machiste et misogyne, il aime à donner son avis sur les interactions entre les hommes et les femmes. Ses propos, notamment sur l'affaire Weinstein, lui ont valu d'être banni de multiples réseaux sociaux... Jusqu'à ce qu'Elon Musk lui réouvre l'accès à Twitter, au nom de la liberté d'expression. Il ira alors s'en prendre à la jeune militante de 19 ans. La réponse cumule l'énorme score de 3,7 millions de likes sur X (anciennement Twitter).

Et après ⏩

Blessé dans son orgueil, Andrew Tate réagit en postant une vidéo où il tente de se justifier. Celle-ci montre que l'homme est en Roumanie, où il est recherché pour une affaire de traite d’êtres humains. La police arrêtera l'homme le 29 décembre. Twitter exulte : en plus de clouer le bec à un masculiniste, Greta Thunberg aurait provoqué sa chute. Rapidement, on apprendra qu'il avait déjà partagé sa position sur le réseau social. Il est visé par une enquête ouverte pour « viol », « trafic d’êtres humains » et « constitution d’un groupe criminel organisé ».

Le 20 juin 2023, il est finalement inculpé de traite d’êtres humains en bande organisée et viol. Le 4 août 2023, lui et son frère sont libérés de leur assignation à résidence dans l’attente de leur procès.

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Cécile Massin

Cécile Massin

Rédactrice et cofondatrice de Rembobine - Journaliste indépendante
Paris
Timothée Vinchon

Timothée Vinchon

Rédacteur et cofondateur de Rembobine - Journaliste indépendant - Formateur en éducation populaire aux médias
Marseille